
La mort d’Halima nous rappelle, une fois de plus, à quel point la vie est fragile et éphémère. Je le dis souvent, mais aujourd’hui cela résonne avec une urgence particulière.
Son histoire, peut-être négligée, fait écho à celle de beaucoup d’entre nous. Nombreux sont ceux qui, d’une manière ou d’une autre, ont traversé des épreuves similaires : grandir en Afrique, vivre des épisodes de violence, de dépression, porter des traumatismes jamais reconnus ni pris en charge. Nous vivons avec les maux de nos sociétés africaines, où certains abus, physiques, émotionnels et psychologiques, sont trop souvent tolérés ou justifiés au nom de la culture et des traditions, y compris lorsqu’ils sont infligés aux enfants.
Nous ne mesurons pas toujours l’impact profond que ces violences ont sur nous à l’âge adulte. La mort d’Halima me bouleverse. Elle m’attriste profondément et m’oblige à une introspection douloureuse. Dans la solitude avec nos pensées et en vivant dans l’ombre de nos émotions, beaucoup d’entre nous avançons comme des traumatisés ambulants, des personnes en souffrance psychique silencieuse.
Trop souvent, on ne cherche pas à comprendre ce qu’une femme a pu vivre, endurer ou survivre dans son enfance. Je ne connais pas les circonstances exactes de sa mort, car rien n’a été clairement précisé. Mais aujourd’hui, elle a été enterrée sans que nous ayons eu le temps de la pleurer pleinement et sincèrement.
Sa disparition est une perte immense, non seulement pour l’art sénégalais, mais aussi pour l’Afrique tout entière. Aussi, je refuse de croire que sa vie passera comme si elle n’avait jamais existé. Elle a existé. Sa vie compte. Son histoire compte. Et nous avons le devoir d’en tirer des leçons.
Il est temps de regarder en face ce qui doit changer dans nos sociétés africaines. Les bullyings sont réels. Les traumatismes sont réels. Les maladies mentales sont réelles. La santé mentale est réelle. Nous devons nous battre activement contre leur stigmatisation. Nous devons apprendre à soutenir, à accompagner et à soigner, plutôt qu’à juger et à pointer du doigt.
Que la mort d’Halima n’ai pas été en vain. Qu’elle nous pousse à agir, à engager des réformes, à protéger nos enfants et à créer des espaces de guérison. Pour ma part, j’espère pouvoir contribuer, même modestement, à ce combat nécessaire.
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